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Une démonstration dun savoir faire incontestable 2.1 N°1 mondial en matière de tourisme réceptif ... La France est le 1er pays récepteur du monde avec 59,9 millions darrivées de touristes venus du monde entier en 1995. En 1991, 332,3 millions de nuitées étaient déjà comptabilisées. 40% de la clientèle sorientent vers les stations françaises de la zone alpine *(1). Les retombées économiques du tourisme, tout type confondu, ne cessent de samplifier depuis 15 ans ; les recettes touristiques de France ont connu la plus forte croissance des grands pays récepteurs européens : + 195% entre 1985 et 1993. Neuf régions, avec plus de 5% du PIB fournis par la consommation touristique, possèdent des espaces dont la vie économique repose largement sur le tourisme. Ces activités représentent aujourdhui en France (statistiques 1993) une consommation élevée à 528 milliards de FFR, pour une valeur ajoutée estimée à 185 milliards de FFR ; consommation qui a engendré 56 milliards de FFR dinvestissement direct, public et privé *(2).
2.2 Une expérience sans équivalent dans les sports et loisirs de plein air ... Le goût pour la montagne est né au XVIIIè siècle, de lintérêt des naturalistes, comme des premiers touristes, attirés par les " sublimes horreurs " des glaciers et des rochers que la nouvelle sensibilité romantique permettait dapprécier. Les motivations étaient essentiellement liées à la découverte de nouveaux paysages. A la fin du siècle dernier, le tourisme montagnard franchit une étape importante : lidée que lair des montagnes pouvait être bon pour la santé incite les touristes aux séjours, cures dair et thermalisme. Cest durant cette période quapparaissent les premières stations de montagne. A Chamonix, des aristocrates anglais achètent les prestations de cristalliers locaux ou chasseurs de chamois improvisés " guides ", pour gravir des sommets souvent encore vierges. De nouveaux métiers naissent. La pratique sportive et touristique du ski télémark, importé de Scandinavie il y a 200 ans, vit ses débuts vers 1910. La saison hivernale gagne en notoriété avec les premiers Jeux Olympiques dhiver à Chamonix en 1924 et la création dune station comme Mégève. La plupart des stations de montagne, dans les Alpes ou les Pyrénées, étaient principalement estivales avec des activités de tourisme contemplatif, de randonnée, dalpinisme, de chasse au chamois etc... La " révolution des sports dhiver " produisit ses effets décisifs à partir des années 50. Elle a été à lorigine dune construction massive dhébergements et daménagements de nouvelles stations créées de toutes pièces en altitude. Courchevel, lancée par le département de la Savoie, fut le prototype, suivi par les " stations intégrées ", dite de troisième génération, telles que La Plagne, Avoriaz, Flaine, Les Arcs. On investit également dans les lourdes infrastructures des téléphériques. Les sociétés privées et publiques, du bâtiment (par exemple : Grands Travaux de Marseille, etc...), de la construction mécanique des remontées (Par exemple Pomagalski, etc...), des groupes hôteliers (par exemple le groupe Accor, Sofitel, Novotel, etc...), les promoteurs immobiliers (Par exemples Pierre et Vacances, Spie-loisirs, Maëva, etc...), de la finance (par exemple Dumez, la Caisse des Dépôts avec la Compagnie des Alpes et C3D, TMB, les grands groupes bancaires, la Compagnie du Midi, Péchiney, etc...), les institutions publiques (Conseils Régionaux et Départementaux, etc...) ont investis dans ce secteur pour doter nos régions montagnardes des réceptifs et des animations adaptés (stations, centre de plein air et de vacances, bases de loisirs et dattraction, etc...). Les années 60 découvrent le ski de fond, les années 70 cest le delta plane, les années 80 le parapente et le rafting et les années 90 voient naître le canyoning. Les générations de touristes consommateurs des activités de plein air se sont succédées et ont, avec la diffusion de la connaissance du milieu montagnard et des activités de loisirs qui lui sont liées, non seulement inventé et renouvelé le sens et les usages touristiques de la montagne, mais elles ont aussi transposé à dautres milieux des pratiques initialement réservées aux zones de relief. Ainsi, on randonne dans la forêt de Rambouillet, on fait du VTT dans les vignobles alsaciens, on grimpe les rochers de fontainebleau, on fait du canyoning près dannecy, on construit un parc dattraction avec hydrospeed à Vichy, on fait du parapente sur les terrils du nord et on construit des structures artificielles descalade à Paris, Lyon et Marseille (la grimpe est même reconnue au baccalauréat *1). En parallèle dun public " touche à tout " et multi-activités, on voit arriver depuis peu une nouvelle génération de parcs dattraction et daventure basée sur le "baroud " en forêt où tyroliennes, pont de singes, sauts dans des filets font le plaisir des touristes... Et ça marche. *(1) magazine Vertival 1990 2.3 Le volume de consommation du tourisme de plein air ... La France a vécu, et créé, toute lévolution du tourisme contemplatif de lespace regardé au tourisme actif de lespace consommé. Et le tourisme intégrant les loisirs sportifs de montagne, deau vive, de vol libre et dautres, représente une part de marché économique dimportance. 61% des français partent en séjours ou en vacances. 25% sorientent vers la montagne en 1995 (en hausse de 5% sur 1992), 20% choisissent la campagne (en baisse de 10% sur 1992 excepté pour le secteur très spécifique sports et nature), 40% partent à la mer (stable) et le reste préfère le tourisme urbain. Ils sont 36,8%, toutes destinations confondues, à pratiquer une activité de plein air, de la pêche à lalpinisme en passant par le parapente ou le raft *(1). Le loisir sportif préféré toutes activités confondues, est la randonnée pédestre avec 15,5% de pratiquants *(2). Environ 1 français sur 10 part en sports dhiver (statistiques 94).
2.4 Des secteurs loisirs sportifs hyper spécialisés
... Chamonix voit, à elle seule et par an, quelques 3 à 4 millions de touristes de passage ou qui y séjournent notamment pendant les saisons dété et dhiver, 1 million chaque année visitent la Mer de Glace (4,17 millions de nuitées touristes en 1996 et 2,5% de croissance/an) *(4).
Le développement de ce tourisme spécifique a permis larrivée sur le marché de Tours opérators aujourdhui florissants (par exemple : Nouvelles Frontières, Terres dAventure, UCPA, etc...). La France est aussi le pays qui organise le plus grand nombre de courses, trophées ou rallyes de sports aventure/nature (Raid blanc, Camel Trophy, Grand défi, Trophée Volvic, Raid gauloise, Raid corse, Trophée mer-montagne, Marathon des sables, Challager trophy etc...). Les activités grandeur nature sont très à la mode, et les succès des Paris-Dakar ou Vendée Globe Challenge ; les films du grand bleu ou les émissions Ushuaia confirment ce que soulignait Pociello en 91 dans son livre " Les français sont sacrés champions du monde de laventure " *(7).
2.5 Les loisirs sportifs en ville ... Ces loisirs sportifs sont exclusivement liés au caractère grisant de la pratique. Bien que très éloignés du plein air dans la nature et probablement même de la pure notion de tourisme, ils méritent toutefois quon sy intéresse. En effet, à proximité immédiate (voir au sein même) des métropoles, il touche un volume de consommateurs incomparablement plus important que toute station alpine ou balnéaire. Aussi, des professionnels du loisir ont investi dans des structures artificielles descalade intérieures ou extérieures, dans des circuits de kart ou dans des parcs de laventure.
2.6 Des savoir-faire au top niveau ... La France a développé avec des établissements et des écoles très qualifiées (Par exemple INSEP, ENSA, CREPS etc...), une expertise mondialement reconnue en matière de formation et dencadrement dans ce domaine, garantissant, notamment avec les brevets détat déducateur sportif (BEES), professionalisme, compétence et sécurité dans les activités des cadres brevetés. Les fabricants français crééent et commercialisent des équipements techniques et matériels spécifiques parmi les meilleurs (Par exemple les chaussures Salomon, les skis Rossignol, les cordes Béal, les VTT Peugeot, les casques Petzl, etc...). Il ont activement contribué à la mise en forme de labels de qualité et de fiabilité (Par exemple la norme UIAA) nécessaires à la commercialisation notamment internationale. Un certain nombre dentre eux possèdent déjà des usines en Chine ou y soustraitent leurs fabrications (Par exemple : les sacs à dos Lafuma, les vêtements Millet, etc...). Par ailleurs, ces disciplines de loisirs et de sports ont permis dapprofonfir des connaissances parallèles très pointues dans des secteurs complémentaires (Par exemples : en avalanche et glaciologie avec le Centre national de recherche scientifique CNRS de Grenoble, en médecine daltitude avec lARPE Association pour la recherche sur la physiologie dans lenvironnement de lUniversité de Médecine Paris Nord etc...). Enfin, laffluence grandissante dans ces loisirs et sports de pleine nature considérés " à risques " ont également favorisé lacquisition dune grande efficacité et dun savoir faire inégalé dans les techniques de secours et de sauvetage (Par exemple: les PGM ou PGHM Peloton de gendarmerie de haute montagne, les pisteurs secouristes, etc...). 2.7 Un impact indirect sur des zones rurales défavorisées ... Le tourisme campagnard, parent pauvre des 3 espaces traditionnels du tourisme français (montagne, littoral, campagne) ne progresse actuellement que dans le secteur des loisirs sportifs (notamment VTT et canoë). Le résultat est parfois spectaculaire. La synthèse denquête " clientèle " de 1991/92 sur les sports deau vive indiquent que plus de 38% de la clientèle globale considère la présence des activités eau vive comme déterminante dans le choix de leur lieu de vacances *(1). Ces opportunités ont induit des aménagements et des organes daccueil dans les sites propices avec, à la clef, la création dentreprises et demplois. La Normandie est associée au camembert, le Val de Loire à ses châteaux, Chamonix au Mont Blanc, les gorges de lArdêche au canoé... Un certain nombre de centres de plein air liés à ce tourisme vert sont localisées dans des zones rurales " défavorisées " justement à la recherche de vecteurs de survie ou danimation. Limpact potentiel de leur fréquentation doit être évalué beaucoup plus largement quen terme de production touristique. Dans des régions à activité réduite, plus encore que des infrastructures à vocation spécifiquement touristique, cest lensemble du tissu commercial, social et institutionnel qui peut être conforté de manière déterminante par la présence dun flux régulier de vététistes, randonneurs, rafteurs et autres. Ce tourisme sports-loisirs apparaît comme partie intégrante de l aménagement du territoire. Dans les stations de montagne françaises, il créé 150 mille emplois dont 10% sont directement liés à la pratique du ski. Mais cette richesse reste fragile dabord par le caractère souvent saisonnier de lactivité. A lechelon local, la dépendance vis à vis du tourisme de pleine nature et donc des conditions météorologiques peut aussi être à risque comme lavait montré le sinistre consécutif au manque de neige dans les stations de sports dhiver à la fin des années 80. A La Palud sur Verdon, village pittoresque proche des très fameuses gorges du Verdon dans les Alpes de hautes provence, la randonnée, le canyoning, le rafting et surtout lescalade ont contribué à renforcer un renouveau économique et démographique amorcé dans les années soixante-dix. Ils représentent aujourdhui de 40 à 50% de lactivité économique de La Palud, et leur apport représente 10 à 15% de léconomie touristique totale engendrée par les gorges. La synergie de ces activités de pleine nature avec la beauté rare du site en fait le succès touristique actuel. La plus value de lescalade ludique et sportive est systématiquement utilisée dans tous les documents promotionnels des gorges et guides touristiques diffusés en France et sur linternational *(2). Vallon Pont dArc en Ardêche. " De tous temps lautoconsommation na été possible sur la terre ardéchoise. Pour survivre, il fallait acheter du grain (les terres étaient peu fertiles) et par conséquent il fallait vendre " (Cholvy 1988). Cest à dire commercer. Or nous sommes dans une région où léquipement en infrastructures de transport est très médiocre et où chaque déplacement se compte en temps plutôt quen distance. Ce contexte topographique dans une économie de flux où le temps est lennemi du capitalisme, est un facteur peu favorable. Pourtant, avant lindustrie touristique, lagriculture était, notamment au siècle passé, la principale ressource économique de cette région. Le mode de production industrielle et leurs seuils de rentabilité économiques de plus en plus exigeants ont condamné beaucoup dagriculteurs et dexploitants qui délaissèrent leur campagne pour la ville. Cette émigration massive avait ramené en 1962 la population du département à son chiffre de lan 1800 ! (Dahoui 1966). Aujourdhui, cette agriculture existe encore mais nest plus leader dans lapport des richesses de la région. Celle-ci sest dotée de plus de 3000 chambres dhôtel, 18000 emplacements de camping et voit passer 1,5 millions de visiteurs/an pour 30 millions de nuitées/an. Le département est devenue lun des plus touristiques de France et lactivité dans les gorges de lArdèche (essentiellement basé sur le canoé et la randonnée) représente 30% de cette ressource touristique départementale. 13000 personnes professent directement ou indirectement avec cette activité du tourisme *(3). Il est intéressant de souligner les similitudes avec la situation actuelle de certaines régions rurales chinoises et lémigration vers les zones urbaines. Peut-on pour autant affirmer quelle suivront une évolution équivalente ? En tout cas, celle-ci sera probablement beaucoup plus rapide.
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