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Stéphane Vetter - automne 1999
Le sommet convoité est le Cho
Oyu 8201m, situé sur la frontière tibéto-népalaise, à 30 km au Nord-Ouest
de l’Everest (les anciennes cartes et même certaines plus récentes indiquent
encore une altitude de 8153 m pour le sommet).
L’équipe : c’est une expédition légère, 2
personnes (Véra GILLES et Stéphane VETTER : e-mail : vetter.stephane@wanadoo.fr
) associées pour des raisons de moindre coût à une expédition slovène
dirigée par Dani Tic.
Au-delà du camp de base, indépendance totale avec tentes
personnelles non partagées (propres à notre expé), non-utilisation de sherpas
d’altitude et bien sûr non-utilisation d’oxygène.
La voie : c’est la voie originale de la première
ascension en 1954, la face nord-ouest par le coté tibétain.
L’approche :
Classiquement 2 approches possibles :
- par la route de l’amitié de Katmandou (c’est celle que
nous avons empruntée).
- par Lhassa : avion de Katmandou (+1000$ environ), puis
transport routier au CBC(Chinese Base Camp) via Shigatsé et Tingri.
Divers : la période choisie a été l’automne en
post-mousson. Cette année beaucoup de neige sur la montagne !
Certains professionnels conseilleraient plutôt la période
du printemps, en pré-mousson, avec de biens meilleurs créneaux météos et
moins de jet-streams (cette remarque est valable pour tous les sommets coté
tibétain : Shishapangma, Everest,…).
L’acclimatation est une chose très délicate au Tibet, car
théoriquement, l’approche qui est essentiellement "véhiculées"
peut-être très rapide, donc potentiellement très dangereuse voire
mortelle !. Même d’excellents alpinistes (et de moins bons) se sont
faits avoir…! Donc doucement !
Dans les dernières années, la qualité gustative de la
nourriture n’incitait pas trop aux arrêts prolongés dans les villages
traversés, mais aujourd’hui, avec la cuisine "chinoise", on arrive
à survivre (il est donc inutile de prévoir des suppléments alimentaires).
Première ville étape, Zanghmu après la frontière,
un univers "humide" (climat subtropical) et commercial peu
fréquentable (troc, militaire, prostitution,…) situé à environ 2000 m d’altitude
à flanc de montagne, pas très haut et aucune possibilité de randonnées,
malheureusement les nombreuses formalités douanières obligent généralement
à y dormir.
Prochaine étape, Nyalam à 3600 m, l’ambiance est
plus tibétaine et l’accueil plus chaleureux… . Le climat est beaucoup plus
sec et la région possède de nombreuses possibilités de randonnées (sommets
de 4000 à 5000 m d’altitude).Excellent endroit pour l’acclimatation. Nous y
sommes restés 3 jours.
Ensuite, passage du col Lalung La à 5050 m (vue sur le
Shishapangma et la chaîne du Gaurishanker et du Melungtse) et descente sur les
plateaux du Tibet et arrivée à Tingri à 4300 m d’altitude (vue sur
le Cho Oyu et l’Everest entre autres).Aucune possibilité de randonnée en
altitude (plaine 20 km à la ronde). Etape conseillée pour l’acclimatation.
Dernière étape "motorisée" à 40 km de Tingri et
à 4800 m d’altitude, le camp de base chinois (CBC) dénommé aussi camp de
base parking. On conseille au moins 2 jours de stand-by avant de partir pour les
30 km de moraine qui restent à parcourir à pied avant le camp de base avancé
(CBA).
Il existe un camp de base intermédiaire situé à 5400 m
environ, qui permet de scinder cette étape en 2 (conseillé). On n’insistera
pas assez, sur le fait qu’il faut être bien acclimaté avant de quitter le
CBC, car un éventuel retour implique plusieurs centaines de mètres de
dénivelé positif sur une moraine peu évidente.
Entre le CBC et le CBA, il n’y a pas de sommet évident et
facile qui permettrait de s’acclimater à l’altitude, tout au plus, on peut
conseiller une ballade vers le Nangpa-La (1h), sachant qu’il faut certainement
une autorisation pour y aller !
Il est situé à environ 5750 m d’altitude, au nord-est du
Nangpa-La.
Il est relativement confortable et spacieux, cependant son
altitude élevée nécessite une bonne acclimatation avant de s’y rendre,
aussi un séjour prolongé n’est guère envisageable, car la forme a plutôt
tendance à se dégrader ! (certains conseillent même des retours en basse
altitude pour se retaper).Sa dénomination est plus exactement camp de base
avancé (CBA, advanced base camp ABC, chez les Anglo-saxons).
Note : les horaires donnés sont tout à fait indicatifs et s’entendent pour quelqu’un d’acclimaté (non-acclimaté, les multiplier par 2).
En fait c’est un plateau sommital, assez déroutant si on ne connaît pas (nécessité d’avoir une trace faite ou d’être accompagné d’un sherpa qui connaît l’endroit) et à fortiori dans le mauvais temps (impossible de s’orienter là-haut). Pour néanmoins s’aider, voici quelques petits souvenirs de mon court passage dans le coin (à prendre avec les réserves d’usage, hypoxie aidante) : du camp de base avancé, on voit une pyramide située à gauche, en fait il s’agit d’un avant-sommet que l’on laisse main gauche à la montée, pendant la longue traversée du plateau ! Après cet avant-sommet que l’on dépasse de 200 m, on fait une très large courbe sur la droite (90°) pendant 300 m et vous voilà presque au bout de vos peines ! Pour vérifier que l’on se trouve au bon endroit, il faut voir la face nord de l’Everest (à 30 km) et avoir vue dans la combe ouest (personnellement, conditions neige et brouillard au moment du sommet).
Conseils pour futurs prétendants :
Budget : principalement 2 agences népalaises se
partageaient l’organisation des expéditions présentes au Cho Oyu cet
automne : Asian trekking et Thamserku. Il faut compter environ 30.000
francs pour le sommet version Route de l’Amitié (Zangmu-Zangmu) et 35.000
francs avec une entrée par Lhassa (Lhassa-Zangmu), ce prix comprend toutes les
prestations jusqu’au camp de base, mais sans le billet d’avion pour
Katmandou (voici le coût, en dollars, des prestations en sus : 200$/yack
supplémentaire, 2500$/sherpa d’altitude, 400$/bouteille d’O2). Le prix est
dégressif avec le nombre de participants. En passant par une expé commerciale,
il faut compter le double (60 à 70000), mais dans ce cas tout est compris, y
compris tente et matériel d’altitude, sherpas, billet d’avion pour
Katmandou et guide de haute-montagne.
Cartographie :
Pour des raisons facilement compréhensibles, il n’existe
pas de bonne carte du Cho Oyu, la seule recommandable est la carte allemande
Khumbu Himal au 1 : 50.000 n°2 (Nepal-Kartenwerk der Arbeitgemeinschaft
für vergleichende Hochgebirgsforschung) disponible à Katmandou.
Stéphane Vetter - automne 1999
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| màj le 13/12/99 // © FFME - 1999 // Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade |