Bhagirathi III (6454 m)

Chronique :

Bhagitathi III - Bernard Domenech 1933 : 16 au 18 juin, première ascension dans le groupe des Bhagirathi par Colin Kirhus et Charles Warren (Angleterre) qui suivent l'arête sud-sud-est en style alpin. La toponyme n'étant pas encore fixée à l'époque, le sommet alors atteint s'appelait Satopanth Central.

1979 : A partir du Vasuki Bamak, K. Jerhot, Z. Lukes et L. Paleniecek (Tchècoslovaquie) atteignent le sommet le 8 octobre par l'arête nord. 50°.

1982 : Le 8 octobre, R. Barton et A. Fyffe (Ecosse) gagnent le sommet après 10 jours et demi d'ascension et de préparation. La voie suivi le flanc droit du Pilier sud ouest. 1300 m, TDsup de 44 longueurs : 30 en granit (5.8/A2), 2 en schistes douteux et 12 autres en glace dure (45°/60°) ou en neige facile. Retour par l'arête nord et la face est. La course est belle, varié et est aujourd'hui classique puisque reprise huit fois.

1984 : L'impressionnante conque que constitue le versant ouest est parcourue par l'équipe espagnole composée de J.O. Aldeguere, S. Martinez, J.L. Moreno et J. Thomas. Après 8 jours de préparation des 350 premiers mètres, le sommet est atteint le 26 mai. Une impossible étoile suit le pilier ouest. 1300 m, 28 longueurs ED (850 m verticaux, 6/A3 puis 200 m de mixte dangereux très raide dans les schistes davant les dernières pentes à 60° et l'arête sommitale). Difficultés comparables à celles de Salathé au Capitan. Retour par l'arête sud est et la face nord est.

S. Flavelle et D. Lane (CND) reprenne déjà Une impossible étoile, du 24 septembre au 1er octobre, sans préparation.

1985
: Troisième parcours d'Une impossible étoile pour Ch. Bouvet, Pierre Faivre, Jean François Lemoine et G. Mévellec (France). Après avoir fixé les 300 premiers mètres, ils atteignent le sommet le 6 juin avec 8 bivouacs.

Bhagirathi face ouest - Photo Alexander Odinstov 1988 : P. Castle et C. McDermott (Nouvelle Zélande) répètent le pilier sud ouest (ou pilier des écossais) en sept jours. Sommet le 19 septembre.

1989 : K.B. Sin et J.H. Sang (Tchècoslovaquie) par le pilier sud ouest du 4 au 7 septembre après une tentative en août stopée à 5600 m.

1990 : Cette fois, c'est en son centre que l'immense face ouest est attaquée. S. Karo et J. jeglic (Slovènie), après deux tentatives et 5 bivouacs, gagnent le sommet le 7 septembre. La voie, impressionante et très dure, rejoint à mi hauteur de la bande de schiste la voie Barton-Fyffe 1982. 1300 m, ED+ 85° et 8/A4.

1992
: Quatrième ascension du pilier des écossais par M. Miller et M. Gunlogson (USA) en 9 jours. Sommet le 1er octobre.

1993 : En face sud ouest, sur le pilier central et à droite de la voie de 1982, Z. Michalec et Z. Slachta (Tchècoslovaquie) ouvrent Express Tchèque. 1300 m, 24 belles longueurs de libre, TDsup soutenu (7), en excellent granit gris avant les schistes et au dessus du socle, également pourris. Retour délicat voire dangeureux, par l'arête sud est 1933 (4 rappels utiles).

1994 : Forte activité sur la face sud ouest et plus particulièrement au pilier des écossais. En deux jours par Z. Michalec et Z. Slachta (Tchècoslovaquie) les 13 et 14 août. Deux autres cordées Tchécoslovaques parcourent la voie : B. Mrozek et P. Trefil du 20 au 23 et L. Chwinstek avec S. Danko du 21 au 24 août. Huitième parcours par Vera Wrong, P. Bazely et J. Chapman (USA) avec 6 bivouacs et le sommet le 11 septembre.

1998
: Sur le pilier central de la face sud, à droite d'Express Tchèque (dont elle partage les 5 dernières longueurs), Arnaud Guillaume et Rémy Thivel (France) tracent Les temps sauvages. 1300 m, 21 longueurs originales, TDsup, 6a/A2. L'approche, dans de longs couloirs de neige, et la sortie dans les schistes pourris, sont quelconques. Sommet le 18 mai après 40 heures d'escalade effectives et trois bivouacs. Retour par la voie le 19.

Stéphane Benoit et Jérôme Thinières (France) escaladent le pilier des ecossais, escalade devenue classique.

Ouverture d'une troisième voie en face ouest. A gauche de la voie slovène de 1990, et au-dessus dans la bande de schistes, W. Kachkov, Youri Khoshelenko, A. Lukin et I. Potankin (Russie) parcourent in extremis et dans des conditions météo difficiles cette voie très surplombante. Il s'agit de la voie la plus difficile de cette partie de l'Himalaya du Gharwal.

expedition Sommets voisins :
Bhagirathi IV (6193 m)
Bhagirathi I (6856 m)

© FFME - Bernard Domenech 1999
Bibliographie : Mountain 1991 p. 34-39 (Barton)
American Alpine Journal 1985 p.297-298 (Tomas)
American Alpine Journal 1981 p.280 (Lukes)
American Alpine Journal 1994 p.231
Cimes et Lamas (M. Pallis) p. 49-60
Rp. A. Guillaume, G. Mévellec, S. Karo